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© Carole Legault

L’artiste plasticienne Carole Legault, née en 1983, présente trois états de sa recherche picturale sur les passages entre figuration et abstraction, entre visible et invisible. Cette frontière se joue à différents degrés et différents niveaux.
Elle revendique avant tout le fait d’être une peintre femme dans notre société. Prenant toute la mesure de la difficulté à exister au féminin, il est nécessaire pour elle de rendre hommage à ce genre et aux statuts qu’ont eu les femmes à toutes les époques et dans nos sociétés. Ses réalisations à l’acrylique sur toile sont des portraits au féminin où le voilement et le dévoilement de la féminité sont une des premières caractéristiques. Révélant aussi bien des icônes féminines de notre histoire que des visages anonymes, c’est entre apparition et disparition de la forme figurale et abstraction objectale, où coulures, formes et fonds s’interpénètrent, qu’elle questionne l’identité.
Son message universel et libertaire se retrouve pareillement dans ses paysages oniriques, dont les scènes sorties d’images fantasmées et utopiques invitent non seulement à la rêverie, mais surtout à repenser notre réalité. C’est là encore dans une approche féminine qu’elle élabore ses créations en s’inspirant des pratiques artisanales des ouvrages textiles réservés autrefois aux femmes, pratique répétitive qui se perd parfois dans des détails. De loin, des paysages et des architectures se donnent dans une représentation naïve et humoristique de près le travail est minutieux, répétitif et presque artisanal. Le point qui se multiplie est une maille de « l’ouvrage ».
Enfin dans ses écrits-peintures (techniques mixtes, papier marouflé sur toile), elle nous place directement face au langage de son corps qui, par la prise gestuelle des mots, dépasse le signifiant. Elle expose encore une fois un tissage, mais d’un autre type, où mots, langage, traces, graphies et empreintes émergent non d’un raisonnement préétabli mais de la pulsion graphique de son corps qui engloutit le signifiant dans une texture corporelle qu’elle nomme « sensation du signifiant », renvoyant autant à son histoire personnelle qu’à celle de chacun.

Vernissage le jeudi 21 mai à partir de 18 heures (invitation sur simple demande).

 

La galerie virtuelle de Carole Legault : http://carlottagalerie.over-blog.com/