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La présence humaine est attestée sur le site de Nanterre dès l’époque néolithique par les découvertes fortuites d’outils de pierre.
Le nom de Nanterre apparaît dans les textes à partir du VIème siècle mais ses racines celtiques « Nemeto-Dor », révèlent une origine plus ancienne et l’existence d’un habitat important à caractère militaire et cultuel. Latinisé en Nemetodurum puis Nemptodoro le nom sera francisé en Nantuerre et Nanturra au XIIèm siècle.
• Un village gaulois
  La découverte de la tombe à char d’un personnage de haut rang établit l’importance du bourg situé sur la voie antique de Paris à la Normandie. Il reste un centre religieux des Parisis après la conquête romaine. En 1993 des fouilles archéologiques ont mis au jour l’ancien village gaulois.
• Nanterre au moyen âge
  La « Vie » de sainte Geneviève, document écrit au début du VIe siècle, mentionne la naissance de Geneviève à Nanterre vers 426 et lui attribue la guérison miraculeuse de la cécité de sa mère avec l’eau du puits situé près de sa maison. Après la mort de sainte Geneviève, Clovis et Clotilde créent l’abbaye de Sainte Geneviève qu’ils dotent de vastes possessions. Nanterre fait partie des villages dont cette abbaye devient le seigneur. De nombreux sarcophages mérovingiens, mis au jour lors des fouilles archéologiques effectuées sous le parvis de la cathédrale en 1973, attestent l’importance de Nanterre pendant cette période.
En 1247 le roi Louis IX confirme l’affranchissement des serfs de Nanterre avec l’accord de Thibaud, abbé de Saint Geneviève. Les affranchis demeurent sujets de l’abbaye et acquittent les redevances et corvées ordinaires.
Les chroniques mentionnent les horreurs de la guerre de Cent ans au cours de laquelle l’église est plusieurs fois incendiée.
A partir du XVe siècle, on sait avec certitude que le puits miraculeux de sainte Geneviève fait l’objet de pèlerinages importants.
• Un haut-lieu religieux
  En 1634, un curé-prieur, Paul Beurrier, est chargé par l’abbaye d’ouvrir un séminaire et de redresser la situation temporelle et spirituelle. Il combat la Réforme et obtiendra l’appui d’Anne d’Autriche qui s’est rendue plusieurs fois en pèlerinage au puits de Sainte Geneviève. Il fait construire un collège dont la première pierre est posée par la reine en 1642.
Une autre communauté religieuse, les prêtres du Calvaire, est établie au Mont-Valérien.
Le territoire, cultivé en vignes, céréales et légumes, est parsemé de nombreuses réserves à gibiers destinés aux chasses royales. On y exploite de nombreuses carrières souterraines de pierre à bâtir. Nanterre est le principal fournisseur de Paris en charcuterie.
• La Révolution
  Le collège devient une école militaire. Les Nanterrois rédigent leur cahier de doléances, ils demandent notamment la suppression des droits et privilèges de l’abbaye et des réserves à gibiers.
Le 4 août 1789, l’abolition des privilèges délivre les Nanterrois des droits seigneuriaux de l’abbaye. L’église devient « temple de la raison ». La première municipalité est élue au suffrage censitaire le 7 février 1790. Les biens des moines génovéfains sont vendus comme bien nationaux.
Les Nanterrois ne manifestent pas un grand zèle révolutionnaire. Après les batailles de Valmy et Jemmapes, les volontaires se mutinent pour rentrer au pays, leur commandement leur ayant refusé de passer leurs quartiers d’hiver en famille. C’est sous la pression du Comité de vigilance que la municipalité fera arrêter les prêtres du calvaire et les ermites du Mont-Valérien, suspectés d’activités contre-révolutionnaires.
La Révolution a interrompu les échanges avec Paris privant les Nanterrois de leurs principales ressources. L’économie de guerre, les réquisitions, les levées d’hommes pèsent trop lourdement sur la vie quotidienne. L’arrestation de Robespierre, le 9 thermidors, malgré la vaine tentative de soulèvement des Parisiens par François Hanriot, général commandant la Garde nationale de Paris, est accueillie avec soulagement. François Hanriot, né à Nanterre le 2 décembre 1759, est guillotiné le 10 thermidor (28 juillet 1794).
• Le chemin de fer
  La première ligne de chemin de fer pour voyageurs, reliant Paris au Pecq, est inaugurée le 24 août 1837. La mise à niveau de la voie qui coupe le territoire en deux, nécessite le creusement d’une tranchée, l’édification d’un talus et la construction de ponts.
Une autre ligne reliant Paris à Rouen traverse Nanterre en 1841.
Les Parisiens avides de plaisirs champêtres assistent nombreux aux fêtes de la rosière et se rendent dans l’île fleurie où les attendent les guinguettes accueillantes.
La rapidité des moyens de transport favorise l’établissement d’une nouvelle population. Villas bourgeoises et immeubles de rapport seront édifiés près de la gare.
• Le canon tonne
  Pendant la guerre de 1870 les Nanterriens se réfugient à Paris. Les canons de la forteresse du Mont-Valérien édifiée en 1841, contiennent l’ennemi au-delà de la Seine. Nanterre est gravement endommagé par les échanges de tirs, puis par l’occupation et les réquisitions des Prussiens.
• L’industrialisation
  Les premières industries sont dépendantes de l’élevage : suiferie, fabrique de noir animal, fabrique de colle. A la fin du XIXème siècle les industriels trouvent à Nanterre les espaces dont ils ont besoin sur des terrains à bon marché, à proximité de voies de communication importantes : routes nationales, voies ferrées, fleuve.
Les grands travaux consécutifs à l’extension de Paris, nécessitent de grandes quantités de matériaux ils offrent de nouveaux débouchés par l’exploitation de nombreuses sablières.
Toutes les branches d’activité seront présentes à Nanterre.
Papeteries, industries chimiques, pharmaceutiques, cosmétiques, métallurgie, fonderies, industries alimentaires, construction automobile et ses équipements. De grandes marques sont nées à Nanterre : biscottes et produits diététiques Heudebert, pâtes alimentaires Milliat frères, automobiles SIMCA, camions Willème.
D’autres grandes marques y ont installé leurs usines de fabrication : Bâches Cauvin et Yvose, encres d’imprimerie Lorilleux, pâtes dentifrice du Docteur Pierre qui deviendra Forvil, parfums Lanvin, Roja, apéritifs Campari, carburateurs Solex, équipements de cycles Huret, accumulateurs Dinin...
Le secteur de l’énergie sera représenté par l’usine de production de gaz d’éclairage, les installations de distribution de courant électrique Ouest-Lumière qui deviendront l’Electricité De France et les dépôts d’hydrocarbures FINA, SHELL...
Autour des grandes usines employant des milliers d’ouvriers, s’établissent de nombreux petits ateliers de sous-traitance et d’outillage, souvent à caractère familial.
Les résidus urbains et industriels sont exploités pour être recyclés selon une organisation structurée. De simples chiffonniers collecteurs revendent à des « semi-grossistes » lesquels revendent à des industriels de la profession, disposant de vastes chantiers de stockages reliés au réseau ferré. Les industries métallurgiques induiront la profession de ferrailleur et la construction automobile celle de casseur.
• Etat, administrations
  Dès 1874 le département de la Seine fait construire une vaste maison de répression à l’écart du bourg, au nord du territoire. L’établissement occupe 17 hectares. Il perdra progressivement sa fonction carcérale pour devenir un centre d’accueil des indigents auquel s’adjoindront une maison de retraite et un hôpital. Il est administré jusqu’en 1989 par la Préfecture de police et constitue un cas unique en France.
En 1989 il prend le statut d’un établissement public autonome de la Ville de Paris à caractère sanitaire et social dénommé : « Centre d’accueil et de soins hospitaliers ».
Il est organisé en quatre secteurs fonctionnels : un centre d’accueil, l’hôpital Max Fourestier, une maison de retraite et un centre d’hébergement et d’assistance aux personnes sans abri.
L’Etat et les administrations acquièrent de vastes terrains : chemins de fer, entrepôts de la régie des tabacs (SEITA), camp militaire de matériel aéronautique (1916).
• Nanterre dans la guerre
  En 1911 Nanterre compte 21225 habitants. Huit cent quatorze nanterriens sont tués pendant la guerre de 1914-1918. Nanterre accueille les réfugiés et des industries repliées des zones de combat.
Le recensement de 1921 dénombre 27042 habitants.
• Un tournant historique
  La population nouvelle attirée par les emplois offerts dans l’industrie et confrontée aux difficultés économiques de l’entre-deux guerre modifie profondément les données sociologiques de la ville.
En 1935 une municipalité est élue sur une liste « Unité d’action anti-fasciste », le maire Raymond Barbet est un jeune cheminot, communiste. Les Nanterriens rejoindront le Front populaire créé le 14 juillet 1935 et confirmeront leur volonté de changement en élisant un député communiste aux élections de 1936.
Les usines de Nanterre sont occupées pendant les grandes grèves de 1936-1937 qui aboutissent à la conquête d’importantes avancées sociales.
• 1939- 1945 La seconde guerre mondiale
  La guerre à l’Allemagne est déclarée le 9 septembre 1939.
Le conseil municipal est dissout le 4 octobre 1939 et Raymond Barbet est arrêté le 19 décembre ; interné, il s’évadera et rejoindra la Résistance.
Les dépôts de carburant sont incendiés pour ne pas servir à l’ennemi.
Le 15 juin 1940, Paris est occupé ; l’Armistice est signé le le 22 juin. La ville est administrée par une délégation spéciale nommée par le gouvernement de Vichy. La résistance s’organise. Juifs, communistes, antifascistes, résistants sont arrêtés, déportés, fusillés.
Le Mont Valérien est devenu un haut lieu du Martyrologue de la Résistance.
Après la Libération, Raymon Barbet est réélu aux élections municipales de 1945.
En 1973 après 38 ans de mandat, Raymond Barbet passe le relais à Yves Saudmont.
Quinze ans plus tard le docteur Jacqueline Fraysse prend la relève et assure la continuité de l'action municipale.
• La reconstruction
  Au lendemain de la guerre la priorité est donnée au logement et aux équipements sociaux, sportifs et culturels.
Un Office municipal d’habitations à loyer modéré est créé en 1951.
De son côté, l’Etat fait expérimenter la construction industrielle de 2600 appartements.
Nanterre connaît un nouvel essor industriel et une croissance démographique importante que ne suit pas le rythme des constructions de logements.
De 60 283 habitants en 1956, la population atteindra 83 528 habitants en 1962.
Les terrains vagues se sont couverts de bidonvilles où loge la main d’œuvre immigrée, principalement venue du Maghreb ; les conditions de vie pénibles sont aggravées par les opérations de police consécutives à la guerre d’indépendance algérienne.
Il faudra attendre le milieu des années 1970 pour que disparaissent ces constructions de fortune.
• La Défense
  Le lieu-dit « Les Fontenelles » s’étend sur la trajectoire de la poussée de Paris vers l’Ouest, sujet de très anciens et nombreux projets.
En 1958 l’Etat crée l’Etablissement Public pour l’Aménagement de la Défense. Architectes et urbanistes de renommée internationale conçoivent un nouveau quartier selon les tendances modernes d’urbanisme et d’architecture, souvent objets de polémiques.
La densification des tours de bureaux et de logements nécessitera les équipements et les infrastructures conséquentes.
Les opérations de l’E.P.A.D. donneront lieu à de vives réactions de la municipalité qui, dans l’intérêt de la population, tient à garder la maîtrise des sols et cherchera à faire participer l’aménageur plus largement au financement des équipements collectifs nécessaires, dont elle a la charge.
De vastes chantiers se poursuivent avec l’aménagement de l’axe Seine-Arche.
• Nanterre Université
  À partir de l’année 1964-1965, l’université Paris-X s’installe progressivement dans ses nouveaux bâtiments, construits sur l’emplacement de l’ancien camp militaire de matériel aéronautique. C’est là que naîtra la contestation étudiante, rejointe par les revendications ouvrières, de mai 1968.
• Nanterre Préfecture
  Nanterre devient le chef-lieu du nouveau département des Hauts de Seine créé en 1964.
Les services préfectoraux s’installent en 1972 dans la tour de la préfecture conçue par l’architecte Wogenscky ; elle est desservie par une ligne du Réseau Express Régional.
Dans le même secteur seront établis l’Hôtel du département, le Palais de justice et les Archives départementales. La maison d’arrêt sera bâtie à l’écart, en bordure de la Seine.
• Nanterre-ville
  Dans les années 1970, s’amorcent les grandes mutations des activités économiques caractérisées par une forte désindustrialisation.
Cependant, la situation géographique de Nanterre et l’organisation de zones d’activités économiques, favorisent le maintien d’emplois industriels et le développement des secteurs du tertiaire, du commerce, des services et de l’informatique.
Dans un contexte social difficile, la ville poursuit ses efforts pour répondre aux besoins d’une qualité de vie digne de notre temps, pour ses 86 219 habitants recensés en 1999.
Du village à la cité, Nanterre conserve dans son patrimoine les témoignages de cette longue histoire.

 



 
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