Histoire: Nanterre d’hier

Nanterre, ville historique, encore plus ancienne que Paris… plongez dans son passé passionnant et ses anecdotes incroyables !

Pour découvrir les attraits cités, cliquez sur les noms en bleu clair !

Nos ancêtres préhistoriques et gallo-romains ont laissé un véritable trésor sous nos pieds !

Le territoire de Nanterre est occupé depuis la préhistoire ! Mais c’est sous les Gaulois, et plus particulièrement les Parisiis que Nanterre se développa. Bien qu’aucune trace écrite ne nous soit parvenu de cette époque, les fouilles archéologiques montrent que Nanterre était une cité et un centre religieux important pour les Parisiis et que son rayonnement perdura bien après la conquête de la région par les romains. Au point que certains pensent que Nanterre aurait été la capitale des Parisiis avant d’être transférée à Lutèce (Paris) !

Voici quelques découvertes archéologiques importantes faites à Nanterre :

  • Des silex taillés datant de la préhistoire (bord de la Seine et sur les pentes du Mont-Valérien)
  • Les vestiges d’un village gaulois (lieu-dit des Guignons, sur le tracé de l’autoroute A86) ;
  • La tombe d’un haut dignitaire Parisii contenant un char datant de 200 avant J.C (à proximité du CASH Hôpital Max Fourestier). Ce dernier est exposé au musée d’Archéologie Nationale à Saint Germain En Laye ;
  • Des tombes et sarcophages d’origine gallo-romaine (centre-ville).

Le nom de la ville est également un indice de son passé. Si les premières mentions écrites de Nemeto-Dor datent du VIè siècle, les racines celtiques du nom (nemeto : sancutaire, lieu sacré/ dorum : forteresse, enceinte fortifiée), témoignent d’une histoire plus ancienne. Au fil des siècles, ce nom fut latinisé en Nemetodurum et Nemptodro puis francisé au XIIème siècle en Nentuerre et Nantuerra avant de devenir le Nanterre que nous connaissons aujourd’hui !

Du village fortifié du Moyen-âge à la création d’un collège royal

Au Moyen-Âge, la Guerre de Cent ans n’épargne pas Nanterre : le village subit de nombreux pillages et incendies notamment par les troupes d’Edouard III, roi d’Angleterre dans les années 1340. L’église sera plusieurs fois détruite et reconstruite et aujourd’hui, seul le clocher du XIVème siècle subsiste (classé monument historique). Pour se protéger, le village élève au XIVème siècle des fortifications (aujourd’hui disparues) dont l’emplacement correspond aux actuels boulevards du levant, du midi, du couchant et du Sud-Est et la rue de Stalingrad !

A l’époque le territoire est rural et le restera jusqu’au début du XXème  siècle : le village se développe dans l’enceinte des remparts, les terres à l’extérieurs servent au pâturage et à la culture de la vigne, de céréales et de légumes. Elles sont parsemées de réserves à gibiers destinées aux chasses royales. On y exploite également de nombreuses carrières souterraines de pierre à bâtir.

Bien qu’en 1247, Saint Louis affranchisse les serfs de Nanterre, ils restent dépendants de l’abbaye de Sainte Geneviève. L’activité religieuse dans le village est importante grâce aux pèlerinages entre le calvaire du Mont Valérien (fondé en 1634) et le puits miraculeux de Sainte Geneviève. Pour la petite histoire, la reine Anne d’Autriche se rendra plusieurs fois en pèlerinage à Nanterre pour prier, dans l’espoir de soigner son infertilité. En gage de sa reconnaissance après la naissance de son fils, le futur Louis XIV, elle soutiendra la construction d’un collège royal en lieu et place de l’actuel Parc des Anciennes Mairies. En 1642, elle viendra même en personne poser la première pierre. Celle-ci est encore visible dans un soubassement de la Villa des Tourelles !

Conférence organisée par l’Office de Tourisme de Nanterre en partenariat avec l’INRAP à l’occasion des Journées Européennes de l’Archéologie 2021.
Nicolas Samuelian, archéologue de l’INRAP présente les premiers résultats des fouilles du square J-B Lebon qui ont permis de mettre au jour des vestiges attestant d’une succession d’occupations depuis la période gauloise jusqu’à la période moderne.
Cette conférence est aussi l’occasion de faire un point actualisé sur l’histoire de Nanterre à travers les découvertes archéologiques.
Merci de contacter l’Office de Tourisme de Nanterre avant toute réutilisation du contenu

Nanterre, berceau de Sainte-Geneviève

Sous l’occupation romaine, le bourg se développe dans ce que nous appelons aujourd’hui le centre-ancien et accueille des populations d’origines variées suites aux nombreuses « invasions barbares » et mouvements de populations que connait la vallée de la Seine. C’est dans ce contexte que serait née en 426 celle qui allait devenir Sainte Geneviève – Sainte Patronne de Paris !

Selon sa biographie rédigée en 520 (18 ans après sa mort),les évêques Loups de Troyes et Germain d’Auxerre se rendant en Angleterre se seraient arrêtés à Nanterre pour prier dans l’église du bourg. Lors de cette étape, ils auraient demandé à Geneviève de consacrer sa vie à dieu. Elle aurait ensuite accompli son premier miracle en soignant la cécité de sa mère avec l’eau du puits qui fut alors réputé « miraculeux ».

A la mort de ses parents, Geneviève fut recueillie par une tante à Lutèce (Paris) où elle aurait contribué à détourner l’invasion des Huns de la ville en 451. On lui attribue également une influence importante dans la conversion au christianisme de Clovis, roi des Francs. Ce dernier fonda en 508 l’abbaye de Sainte-Geneviève dont Nanterre devint une possession.

Le prestige de Sainte Geneviève fut tel qu’après sa mort, l’église de Nanterre (future Cathédrale Sainte Geneviève), son puits miraculeux et le Mont Valérien où elle aurait fait paitre des moutons enfant, ont fait  l’objet de nombreux pèlerinages qui perdurent encore aujourd’hui !

Le temps des révolutions : de l’élection du premier Maire à la Commune de Paris

Après la chute de l’ancien régime, Nanterre connait de nombreux changements : Le bourg devient une commune suite à la suppression de droits et privilèges de l’abbaye dont il dépendait. Puis les habitants élisent leur première municipalité au suffrage censitaire : le 7 février 1790, Jérôme Barrot, laboureur-vigneron, devient le premier Maire de Nanterre ! (photo de la première Mairie) L’église devient pour un temps un « temple de la raison » et le collège royal, une école militaire avant de fermer.

A partir du milieu du XIXème siècle, l’histoire du développement de Nanterre est étroitement liée au chemin de fer : En 1837, la première ligne de chemin de fer pour voyageurs en France est inaugurée. Elle relie Paris à Saint-Germain-en-Laye. Étant idéalement située à mi-chemin, Nanterre se voit construire une gare l’année suivante (l’actuelle gare RER A Nanterre-ville) ! Grâce à sa gare, chaque week-end de nombreux Parisiens en quête de plaisirs champêtres et de guinguettes en bords de Seine viennent à Nanterre. La commune, encore rurale, se développe alors progressivement hors des fortifications (carrefour de La Boule, quartier du Plateau, au-delà du Chemin de Fer, au Petit Nanterre). Ces dernières seront progressivement remplacées par de grands boulevards bordés d’arbres (photo) très appréciés des touristes parisiens. Nanterre obtient même une certaine renommée à Paris avec ses pompiers, sa fête des rosières, ses charcuteries et brioches mais également sa binette (photo)  !

Quant au Mont Valérien, son calvaire est détruit puis remplacé par une forteresse militaire sous la monarchie de Juillet (photo). A partir de 1850, il appartient en grande partie à la ville de Suresnes. En 1870, lors de la guerre franco-prusse, Nanterre est bombardée puis occupée par les Prussiens. Les habitants se réfugient alors à Paris. Le moulin des Gibets (photo), se trouvant sur la ligne de mire du Mont-Valérien, est gravement endommagé. Puis, lors de la Commune de Paris, le fort du Mont-Valérien est occupé par les Versaillais, d’où ils lancent une partie de leur offensive contre les communards en avril 1871.

Autre fait intéressant, en 1874, le département de la Seine fait construire à l’écart du centre-ville  une vaste maison de répression contre les mendiants et vagabonds. Au fil du temps, elle abandonnera sa mission de répression pour devenir un dépôt de mendicité pour indigents (vagabonds, mendiants, infirmes, personnes âgées) auquel s’ajouta une maison de retraite et un hôpital. Il deviendra un hôpital de renommée internationale grâce à ses médecins dont le docteur Max Fourestier, pneumologue. Mais il resta administré par la Préfecture de police de Paris jusqu’en 1989 (cas unique en France). C’est aujourd’hui un établissement public autonome de la ville de Paris dénommé le Centre d’Accueil et de Soin Hospitalier – Max Fourestier (CASH) (photo). Le site est à la fois un pôle hospitalier performant, et un pôle médico-social assurant une mission d’hébergement et de prise en charge des personnes sans abri.

Le début du XXe siècle marque l’âge d’or de l’industrialisation de la Ville

Le train, la Seine, de vastes terrains bon marché… un trio attractif pour les industriels du XXème siècle, qui investissent alors à Nanterre. Toutes les branches d’activités sont présentes : papeteries, industries chimiques, pharmaceutiques, cosmétiques, métallurgiques, fonderie, alimentaires, constructions automobiles…etc. De grandes marques sont nées à Nanterre ou y ont installé leurs usines. Voici cinq exemples qui ont fait la renommée de Nanterre :

  • Usine automobile SIMCA-Fiat

En 1919, le constructeur automobile Vinot-Deguingand installe son usine à Nanterre. Elle sera vendue en 1935 à Pigozzi pour assembler des Fiat : la Société Industrielle de Mécanique et de Carrosserie Automobile (SIMCA) est née ! Elle sera vendue en 1961 à Citroën. Le site est depuis quelques années une zone d’activités.

  • Ateliers de la Folie

Au lieu-dit La Folie, ce qui allait devenir la SNCF installa ses ateliers pour l’entretien du matériel roulant, des wagonnages et un service électrique dans les années 1910. Utilisés par l’armée pendant la Première Guerre Mondiale, puis rendus à leurs fonctions ferroviaires, les ateliers ont continué de fonctionner jusqu’en 1995.

  • Papeterie de la Seine

Fleuron de l’industrie de Nanterre, l’usine fut construite en 1906 pour fournir du papier au journal Le Petit Parisien, alors l’un des 4 quotidiens les plus vendus en France. Elle prit le nom de Papeterie de la Seine en 1917, s’agrandit et diversifia ses productions au fil des années avant d’être frappée par la crise économique des années 1970. Fermé en 2011, la friche fait depuis 2020 l’objet de travaux de reconversion en un site d’habitation et d’emploi : l’arboretum. Seuls le portail et le bâtiment aux pailles de l’usine devraient subsister (image).

  • L’ancienne Usine du Docteur Pierre

Début XIXème siècle, l’importance de l’hygiène buccodentaire se renforce. Le Dr Pierre Mussot invente « l’eau dentifrice du Dr Pierre » qui connaîtra un grand succès. Ses héritiers font construire en 1900 une usine à Nanterre dont l’architecture a pour but d’attirer l’intérêt des passagers de la ligne de chemin de fer Paris-Saint-Germain-en-Laye. Il est inscrit dans sa totalité aux Monuments Historique depuis 1992. Aujourd’hui renommé Le Château, il accueille Etic un incubateur de start-up sur l’innovation sociale et la transition alimentaire ; Foodentropie un restaurant et espace événementiel ; un jardin thérapeutique géré par Endat ainsi que l’escape game de MonkeyKwest.

(photo)

  • Usine Heudebert

Charles Heudebert, fils de boulanger à Nanterre, décide un jour de cuire ses pains une seconde fois pour éviter les pertes des invendus : c’est ainsi qu’est née la biscotte, venant de biscotto :« cuit en 2 fois ». Il invente également des pains de régime dont le succès en France comme à l’étranger le conduit à installer sa première usine à Nanterre au début des années 1910. Ses produits sont vendus sous la marque « produits de régime HEUDEBERT » : elle resta le premier producteur de biscottes au monde jusqu’aux années 1950. L’usine florissante de Nanterre ferme en 1968. Aujourd’hui seuls quelques éléments de la façade subsistent. La boutique familiale (1 rue Maurice Thorez) toujours visible, accueille aujourd’hui encore une boulangerie.

Deux Guerres mondiales et le Front Populaire

Lors de la Première Guerre mondiale,  pour faire face au rapide développement du secteur de l’aviation, le gouvernement français décide d’installer un camp d’aviation à Nanterre : le camp militaire de matériels aéronautique de la Folie. Pendant ce conflit, la ville est plusieurs fois bombardée et 814 Nanterriens y perdront la vie.

Dans les années 20, la population augmente rapidement avec l’arrivée d’ouvriers attirés par les emplois disponibles dans les usines, mais aussi de nombreuses familles italiennes fuyant le régime fasciste de Mussolini. Le bâtiment de la Mairie étant devenu trop petit, elle déménage dans la Villa des tourelles et aménage le parc qui l’entoure pour l’ouvrir au public. L’église quant à elle entame un grand chantier de rénovation visant à doter le lieu de naissance de Sainte Geneviève d’une église digne de ce nom. Les travaux se feront en plusieurs phases entre 1924 et 1974, faisant d’elle un joyau de l’art religieux des années 30.

En 1935, les Nanterriens élisent pour la première fois une municipalité sous l’étiquette « Unité d’action antifasciste », avec à sa tête le Maire Raymond Barbet, jeune cheminot communiste. Puis, désirant voir le programme du Front Populaire appliqué, de nombreux ouvriers occupent les usines de Nanterre lors des grèves de 1936-37 qui secouent alors tout le pays. Ces grèves aboutiront à la conquête d’importantes avancées sociales : semaines de 40 heures, congés payés…etc.

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, la ville est plusieurs fois bombardée. En octobre 1939, le maire est arrêté et la ville placée sous délégation spéciale du gouvernement de Vichy. Nanterre ainsi que le camp d’aviation sont occupés par l’armée Allemande. Les Nazi font du Mont Valérien, un lieu d’exécution secret des résistants, Juifs, communistes et antifascistes et otages. Parmi les 4 500 hommes fusillés au Mont Valérien, 17 étaient Nanterriens. Certaines rues du centre-ville portent leur nom pour leur rendre hommage. On décompte 153 morts et disparus pendant le conflit (civils, résistants, déportés, prisonniers).

« L’après » Seconde Guerre Mondiale

Au lendemain de la guerre, la priorité est donnée aux logements et équipements sociaux, sportifs et culturels. Nanterre connait un nouvel essor industriel et une croissance démographique importants qui ne suivent pas le rythme des constructions de logements : 9 bidonvilles voient le jour où loge la main d’œuvre immigrée, principalement venue du Magheb.

Les conditions de vie pénibles y sont aggravées par les opérations de police consécutives à la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962). Il faudra attendre la fin des années 1970 pour que ces constructions de fortunes disparaissent peu à peu.

Retrouvez la suite dans Nanterre d’aujourd’hui

Pour aller plus loin:

N’hésitez pas à contacter la Société d’Histoire de Nanterre. Cette association organise régulièrement des visites guidées et conférences et publie de nombreux ouvrages sur le sujet. La majorité de ses ouvrages sont disponibles à la boutique librairie de l’Office de Tourisme.